Deux bandes règlent leurs comptes en ville à Vannes
Samedi, le centre-ville a servi de décor à l'affrontement d'une soixantaine de jeunes des quartiers de Kercado et Ménimur. Deux d'entre eux ont été blessés.
Il et 15 h 30, samedi après-midi quand deux bandes rivales en viennent aux mains à l'angle de la rue Thiers et de la place de la République, à Vannes. Des coups de pieds et poings sont échangés. La police, qui suit les groupes à la trace depuis qu'ils ont débarqué en ville, intervient. Tout le monde s'égaille en courant.
A la gare routière, une jeune spectatrice lève le poing : « Ménimur-Kercado, 1-0 ! » La bataille rangée a fait deux blessés : l'un touché à la mâchoire, transporté par les pompiers au centre hospitalier ; un second qui se présente de lui-même à l'hôpital avec des blessures au cutter. Il quittera précipitamment les urgences avant d'être pris en charge.
Les jeunes qui viennent d'en découdre sont venus spécialement en ville comme pour régler un compte. La police confirme : « Un différend oppose les deux quartiers depuis une soirée hip-hop au palais des arts la semaine passée. Les spectateurs regroupés dans la salle par quartier se sont invectivés. »
Depuis le début de l'après-midi, deux groupes très compacts d'une trentaine de personnes chacun, défilaient ostensiblement dans les rues en criant le nom de leur quartier. « Ils sont passés vers 16 h. Ils étaient entre 30 et 50, tous des jeunes. Je les ai entendus scander « Kercado, Kercado ! » On se serait cru dans West Side Story », témoigne une commerçante.
Les enquêteurs n'excluent pas qu'il ait pu y avoir d'autres échauffourées. « Il s'agissait de petits groupes très mobiles qui se dispersaient dès que nous approchions. Les cinq jeunes interpellés lors de la bagarre principale ne sont pas nécessairement les auteurs des coups, admet le capitaine de police, Patrice Foustoul. Ils ont été emmenés au commissariat après s'être rebellés contre nous.
Dès le début des incidents, les policiers vont recevoir le renfort d'une vingtaine de gendarmes, avant d'être renforcés à leur tour par des collègues. « On peut estimer qu'à 16 h 30, le calme était revenu en ville. Il n'y avait plus que des petits rassemblements dans les quartiers concernés », poursuit Patrice Foustoul.
Le maire de Vannes, François Goulard, s'est déclaré « surpris » par ces incidents. « Aucun signe avant-coureur n'était remonté de ces quartiers. Cela n'est pas anodin, ni à prendre à la légère, car c'est la première fois que cela se produit, notamment en centre-ville. Au-delà de l'enquête de police, il faut que nous suivions cela de près, notamment avec les travailleurs sociaux. Dans ce type de bagarre, on n'est jamais à l'abri d'un dérapage dans la violence. » Hier en fin d'après-midi, aucune dégradation, ni acte de vandalisme n'était à déplorer.